La probable accession du fils de Nicolas Sarkozy à la tête de l'établissement public d'aménagement du plus gros centre d'affaires français continue à susciter de nombreuses réactions, dont celle du président de la République. La pétition en ligne fustigeant cette nomination totalisait hier 43 000 signatures.
« Népotisme » : c'est le terme le plus récurrent dans les nombreuses réactions émanant de l'opposition. Martine Aubry a dénoncé la « prise en main » de l'Ile-de-France par l'UMP, se montrant, comme de nombreux autres avant elle (Ségolène Royal, François Hollande, Laurent Fabius, Nicolas Dupont-Aignan, François Bayrou...), effarée de voir le fils du président, âgé de 23 ans et étudiant en 2e année de droit, prétendre à un poste aussi important que celui de président du conseil d'administration de l'EPAD.
La majorité a réagit abondamment pour défendre la légitimité du jeune conseiller général, qui avait lui-même tenté de se justifier dans les colonnes du Parisien (« quoi que je fasse, je serai critiqué ») : Henri Guaino (« rien à redire » sur cette probable élection), Luc Chatel (« extrêmement choqué » par la polémique, et avançant l'hypothèse d'une « collusion d'intérêts entre la gauche et une certaine presse »), Fréderic Lefebvre (qui a tenté une comparaison avec Martine Aubry, fille de Jacques Delors), François Fillon (pour qui « il n'y a pas lieu d'en faire une polémique ») et d'autres ont fait front dans la journée d'hier. Le Président de la République a également pris part au débat, déclarant en marge de son discours sur la réforme du lycée que « tout ce qui donne en pâture une personne, sans fondement et de façon excessive, (...) ce n'est jamais bien ».
Dans ce concert de réactions, deux ont particulièrement détonné : celle du socialiste Julien Dray, pour qui le sort réservé à Jean Sarkozy est « injuste » («à partir du moment où des électrices et des électeurs ont accepté de l'élire conseiller général des Hauts-de-Seine, il a une légitimité et il peut prétendre à toutes les fonctions») et celle, à l'opposé, du député UMP des Yvelines Pierre Cardo, qui a déploré lors de la réunion hebdomadaire du groupe UMP l'impact négatif de cet évènement sur le 2e tour de la législative partielle dans la 12e circonscription de son département, dimanche prochain, évoquant - sous les applaudissements de certains collègues - les « parents [dans la circonscription] dont les enfants ne trouvent pas de stages... »

Extrait de
La quotidienne de Techni.Cités - N° 230
(14/10/2009)
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